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Gilets jaunes » : la réplique de Macron à François Hollande

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Répondant à l’ancien président de la République qui soutient les « gilets jaunes », Emmanuel Macron évoque ceux qui n’ont « pas même réussi à bouger les choses ».

Après quinze jours de manifestations et de blocages, le mouvement des « gilets jaunes » suscite chez les politiques des vocations et des passes d’armes.

Jeudi, à Antraigues-sur-Volane en Ardèche, l’ancien président de la République, François Hollande, a invité les « gilets jaunes » à « continuer à prendre la parole pour que cela débouche, parce qu’il faut que cela débouche ». Puis, évoquant son successeur à l’Elysée, il a ajouté : « Il fait son choix, il fait ses orientations, il doit répondre devant le pays ».

Que voulez-vous, le cynisme fait partie de la vie politique ?

Venue d’Argentine, à 11.000 km de là, la riposte d’Emmanuel Macron n’a pas tardé. « J’entends la colère légitime, l’impatience, la souffrance d’une partie du peuple qui veut vivre mieux plus vite », a expliqué le chef de l’Etat devant les Français de Buenos Aires, à la veille du sommet du G 20.


«  J‘entends aussi souvent, a-t-il ajouté, des voix qui parfois n’avaient pas même réussi à bouger les choses et qui sont sans doute plus à la racine de cette situation que nous vivons que le gouvernement qui n’est aux affaires que depuis 18 mois. Que voulez-vous, le cynisme fait partie de la vie politique ».

Une allusion claire à François Hollande qui, à l’automne 2014, avait battu en retraite devant les « Bonnets rouges ». Après la fronde de trois mois des Bretons contre l’instauration de l’écotaxe, sa ministre de l’Écologie, Ségolène Royal – qui elle non plus ne ménage pas ses critiques contre l’hôte de l’Elysée -, avait enterré définitivement l’écotaxe, un temps recyclée en péage de transit poids lourds.


Une décision que la Cour des comptes a qualifiée, en février 2017, de « gâchis patrimonial, social et économique ». Outre les 10 milliards d’euros de manque à gagner sur la durée du contrat, l’Etat a dû verser 950 millions de dédommagements à l’exploitant Ecomouvement tout en s’exposant à des risques contentieux à hauteur de 270 millions d’euros.

Marquer sa différence

Même si sur ce sujet sensible, l’actuel gouvernement a préféré repousser à plus tard son projet de vignette poids lourds – il ne figure pas dans la loi d’orientation sur les mobilités (LOM) -, le retour de François Hollande sur le devant de la scène médiatique a donné à Emmanuel Macron l’occasion de marquer sa différence. Non seulement, il n’imitera pas son prédécesseur, mais, lui, ne renoncera pas. « Il m’appartiendra de prendre des décisions supplémentaires dans les semaines et mois à venir, mais elles ne seront jamais des reculs », a-t-il insisté, sans prononcer l’expression de « gilets jaunes ».

Le président de la République estime que c’est dans ces moments-là qu’on « teste la force d’âme d’un pays, d’un peuple et de ses gouvernants, dans l’écoute et le respect, mais dans la capacité à tenir un cap sans céder à la démagogie ».

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