Pèlen tèt

HAITI-CULTURE : Pèlen Tèt 42 ans plus tard, un mariage d’art et de la technologie

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L’initiative vient d’APPART (Agence de Protocole et de Promotion Artistique) de May Lissa Laguerre Bigord, Adrece de Staloff Tropfort et Chokarella qui ont décidé de vendre Pèlen Tèt sous une peau neuve. Et ce 29 juillet 2020, l’œuvre théâtrale du génie de la littérature haïtienne, Franketienne, est reprise sous la direction artistique de Stalove Tropfort.

C’est ADRECE, un jeune atelier de théâtre qui évolue dans le domaine du théâtre contemporain qui a endossé cette lourde tâche, ce grand défi comme disait l’écrivain spiraliste et dramaturge Franckétienne, dans son discours introduisant cette représentation en livestreaming de Pèlen Tèt.

L’idée de reprendre Pèlen Tèt, 42 ans après sa première présentation, est une initiative visant une collecte de fond pour financer le projet “KBSSKonbit Bibliothèque Site Solèy, avec le soutien de la Unibank, Parc Pierre-Louis, Future Générations Haiti, Direction Nationale du Livre (DNL) et la Bibliothèque Nationale d’Haïti entre autres. Entre autres, le texte de Pèlen Tèt traduit encore la réalité du pays en mettant à nu ses problèmes, des problèmes qui concernent la classe ouvrière ainsi que la classe des intellectuels.

La première représentation sur scène a eu lieu en 1978. Le rôle de Pyram fut tenu par le feu Roland Dorfeuille et celui de Polidò par le feu Francois Latour.

Pèlen Tèt c‘est l’histoire de Pyram et Polidò contraints de partager une vie marquée d’une des plus grands paradoxes, au sous-sol d’un appartement à New York. Pyram l’analphabete, l’illetré est le seul qui a un gagne-pain et Polidò l’intellectuel venu se réfugier en terre étrangère afin de fuir la dictature qui se terre dans l’appartement, au sous-sol, se contente de ses livres et des récits fictifs de son compère. Deux hommes différents, deux personnages issus chacun d’un extrême partageant une vie de galère en terre étrangère ainsi que leur mal du pays. Un pays où le retour est compliqué pour chacun des protagonistes.

Dans cette tragi-comédie, l’écrivain Franckétienne dépeint les intellectuels haïtiens qui, au lieu de s’investir dans le monde de la politique, préfèrent se taire et partent en terre étrangère où ils s’enterrent dans une société pour laquelle ils ne veulent rien dire. D’autre part, l’auteur démontre une classe parallèle, la classe ouvrière qui est le moteur principal de l’économie, mais ignorent tout de leur importance dans ce système impérialiste qui les traitent comme des nouveaux esclaves. Malheureusement, dans leur ignorance, ils n’arrivent pas à discerner la réalité et se comportent comme des robots manipulés par le système.

À la surprise de tous, ce 29 juillet, Starlove Trofort a choisi de présenter trois personnages : Kenny Laguerre dans le rôle de Pyram, Esmond Erthon qui tient le rôle de Polidò et Stevenson Saitiné qui incarne le troisième personnage représentant un esprit, une sorte de conscience collective. Des comédiens à féliciter, particulièrement Kenny Laguerre qui s’est glisser sans difficulté dans la peau du personnage de Pyram.

Par contre, la touche personnelle apportée par le metteur en scène, à savoir le troisième personnage, aurait pu faire une grande différence s’il était joué par une femme. La présence féminine aurait fait une grande différence quand on sait que la classe ouvrière est constituée en majeur partie de femme et elle sont pratiquement les premières victimes dans presque tous les cas. Dans le contexte de Pèlen Tet, un intellectuel exilé laissa sans doute des cœurs de femmes brises, sans doute une mère, une sœur, une femme ou une copine. Le cas de Pyram n’est pas non plus différent. Il faut le reconnaître, cette société ainsi que celle qu’on souhaite ne peut exister sans elles.

Face a la passivité de ces deux grandes classes qui traduisent en majeur partie l’essence de cette société, le système jouit d’un privilège où son idéaliste capitaliste s’accomplit tel que voulu. Cette initiative vient au bon moment, où une crise pandémique affecte le monde entier et Haïti, l’une des principales victimes subit une crise économique qui laissera des séquelles graves.

La combinaison Pyram et Polidò est un exemple pour les Haïtiens d’aujourd’hui. On retrouve deux grands faits qui expliquent une complémentarité entre les deux hommes : Pyram qui jouit du privilège économique et Polidò qui ne cesse d’éclairer la lanterne de son compère. Une des plus simples représentations de la devise “l’union fait la force”. Les Haïtiens doivent comprendre que c’est dans l’union qu’ils pourront trouver la voie qu’ils cherchent encore. Car, comme le dit Franketienne, Haïti est en retard sur le chemin du développement.

À la fin de la création, Tropfort a ajouté une scène où l’esprit de la conscience parle aux deux protagonistes et leur redonne force et vigueur, puis une autre scène de revendication dans laquelle on remarque Pyram avec un T-shirt Kot Kòb PetroCaribe a et Polidò un T-shirt Mare Yo, en guise de conclusion. Bref, une scène qui tombe bien, car les Fonds PetroCaribe auraient pu construire des dizaines de Bibliothèques comme celle de Cité Soleil, si les autorités n’avaient pas dilapidé malhonnêtement ces fonds. Par contre, le metteur en scène aurait du pousser les comédiens a quitter la scène afin de ramener tout le monde scène, car la nouvelle révolution doit impliquer tout le monde. 


ADRECE de Melissa Laguerre et Chokarella ont voulu montrer l’exemple en unissant l’art, le théâtre et la technologie dans le seul et unique but de sauver un noble projet, la Bibliothèque de Cité Soleil. Ils vous invitent aussi à prendre part à cette initiative et vous pouvez le faire de plusieurs façons. Vous pouvez apporter votre aide en faisant un dépôt ou un virement à la Unibank sur l’un de ces deux comptes:

Gourdes : 274-1021-01529150 | Dollars : 274-1022-01529168 ou encore via le service MonCash de la Digicel sur ce compte 509 3622-8628.

Revivez le spectacle en cliquant sur le clip ci-dessous :

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