Jovenel Moïse a institué le comité de facilitation du dialogue national interhaïtien.

Kettely Julien, Marie-Carmel Mentor, Carlo Joseph, Dorothie Sénatus, Marie Michèle Sylvie Rameau et Rudolf Dérose sont les 6 personnalités publiques choisies par la présidence, pour mettre en œuvre toutes stratégies garantissant la réalisation de pourparlers, entre tous les protagonistes de la conjoncture sociopolitique. Comme annoncé par le décret présidentiel du jeudi 21 février, le chef d’Etat a procédé à l’intronisation des membres de comité de facilitation du dialogue interhaïtien, le lundi 25 février, au Palais national.
Les six personnalités ayant un mandat d’une durée de trois mois, à partir de la date de mise en fonction, sont obérées de multiples responsabilités. Dans les articles dudit arrêté, sont inscrites leurs tâches ; ce comité a pour mandat de définir le cadre méthodologique approprié devant faciliter le déroulement des discussions, recommander toutes mesures favorisant la création de conditions favorables à la réalisation du dialogue. Les membres de cette entité devront obtenir la participation active des personnalités politiques, économiques et sociales du pays, ainsi que celle des structures politiques et des organisations de la société civile. Ils devront collaborer avec les partenaires internationaux intéressés au dialogue. Les propos du décret sont aussi concis sur les délais de publication de rapport. Toutes les semaines, le comité de facilitation du dialogue interhaïtien a pour obligation d’informer la nation de l’état d’avancement du dialogue.  Au terme des quatre-vingt-dix jours, un document sera remis au président de la république, sur lequel sera inscrit d’une part, les solutions conjoncturelles aux problèmes politiques et, d’autre part, les solutions structurelles aux problèmes de gouvernance politique et économique d’Haïti. L’arrêté présidentiel stipule que le grand publique prendra obligatoirement connaissance des retombées du dialogue à partir du rapport final. La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre Jean Henry Céant et plusieurs hauts fonctionnaires de l’Etat. C’est une réussite pour Jovenel Moïse qui ne voulait pas abdiquer, malgré les vaines tentatives. Les entreprises du chef dÉtat visant le dialogue avec l’opposition sont jusqu’à ce jour sans résultat. Le comité de pilotage et d’organisation des états généraux sectoriels de la nation, créée en mars 2018, s’est révélé peu fructueux. En réponse à la semaine de paralysie de novembre 2018, qui avait fragilisé sa légitimité, le président Jovenel Moïse avait donné à son nouveau Premier ministre le mandat de consulter tous les secteurs de la vie nationale dans le cadre de pourparlers visant à aboutir à un pacte de gouvernabilité. Le lancement officiel a eu lieu le 22 janvier au centre de convention de la BRH, mais a été boudé par plusieurs grandes figures de l’opposition.

L’administration Moïse-Céant mise énormément sur le travail des facilitateurs du dialogue. Le chef d’Etat l’a exprimé dans son discours, dont nous avons retranscrit un extrait.Peuple Haïtien,L’heure est grave. En tant que Nation nous avons atteint des limites qui nous affaiblissent de jour en jour. Qui remettent en question notre existence en tant peuple libre et responsable de sa destinée.Notre fierté ne doit plus être que d’histoire.Nous avons la responsabilité de poser les bases qui garantiront une destination entendue, partagée par toutes les couches de la société. Nous sommes dans le devoir d’entrer dans l’ère de la construction d’un pays libéré des démons de la division, de la haine et de nos querelles intestines. […][…] Chef de l’État, j’ai assumé ma responsabilité en faisant appel à des filles et fils du pays, issus d’horizons divers, pour créer le Comité de Facilitation du Dialogue National Interhaïtien. Je souhaite que ce comité travaille avec ardeur pour trouver la meilleure façon de mener ce Dialogue National Interhaïtien qui devra aboutir à des propositions concrètes, respectueuses de la constitution, inclusives, pour conduire le pays vers la voie de la stabilité. Il reste maintenant aux acteurs concernés, dont les deux autres Pouvoirs de l’État, la classe politique, le secteur des affaires, la Société civile, la Communauté internationale -à titre d’observateur- d’apporter tout leur appui et toute leur collaboration afin que les conclusions du dialogue reflètent la volonté de toutes et de tous.Mesdames, Messieurs, les Membres du Comité,La Nation entière compte sur votre discernement, votre perspicacité, vos capacités, votre impartialité quand il s’agit des intérêts nationaux. – SEM Jovenel Moïse.

Ce comité fait l’objet de certains désaccords. Les premiers communiqués faisaient état de sept membres, mais environ 24 heures avant la cérémonie, M. Charles Suffrard, la personnalité la plus connue parmi celles proposées par le Président, a remis sa démission. Sa décision est survenue après une publication du Palais national, qui annonce entre autres que ledit comité aura pour fonction de former un nouveau gouvernement. ‘’Je démissionne parce que le Secrétaire général du Palais national a fait une fuite en avant, il n’a jamais été question pour le comité de former un nouveau gouvernement’’, tel est le motif du leader de Koze Pèp. Rappelons que l’un des choix du Président n’a pas fait l’unanimité ; Carlo Joseph qui serait choisi pour faciliter le débat autour des revendications des Petrochallengers, n’a pas été applaudit par ses anciens co-combattants, qui ne lui reconnaissent aucune légitimité pour représenter leur cause au sein du Comité présidentiel. Si les antagonistes ont jusqu’ici préféré fuir le dialogue pour fouler le macadam et réclamer son départ, Jovenel Moïse de son côté veut aboutir à un atmosphère politique propice à la stabilité sociale, il n’a d’autres choix que d’espérer que ses six affidés accompliront leur mission.  
Hemerson Maurissaint

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