Rockfam : 18 novembre 2004 – 18 novembre 2022, bilan 18 années d’existence

Rockfam : 18 novembre 2004 - 18 novembre 2022, bilan 18 années d'existences

Le groupe de Rap Haïtien Rockfam fut fondé à Delmas, plus précisément au Carrefour de la Renaissance mieux connu sous le nom de Kafou Ayopò, à Delmas, le 18 novembre 2004, jour de la Bataille de Vertières. Au bout de 18 ans d’existence, ce groupe de 12 jeunes étudiants universitaires ont immortalisé le Rap Créole.

Au cours de ces 18 années, le magazine Sakcho vous invite à découvrir un bilan autour de l’histoire de ce groupe dans le Rap qui a gravé son nom dans l’industrie musicale haïtienne.

C’est en septembre 2004 qu’un groupe de rappeurs ont lancé un projet intitulé Konbit Rap Kreyòl (KRAK) afin de rendre hommage aux victimes de l’Ouragan meurtrier Jeanne qui avait dévasté une partie du département de l’Artibonite, la ville des Gonaïves, en particulier. Ce projet fut coordonné par, à l’issue de ce projet, certains des participants se sont réunis en un Dream Team, qui a donné naissance au groupe Rockfam Lame A.

Interrogés par la rédaction, Stael Slowacki Saintil (Stael) et Stevenson Telfort ont fait le bilan des 18 années d’existence du groupe. Ils racontent l’histoire d’un groupe de jeunes, venant de plusieurs coins du territoire national, qui se sont réunis pour offrir aux fanatiques du Rap le projet Rockfam, qui reçut un accueil exceptionnel.

Rockfam, l’histoire de la naissance du groupe

“Le label Rockfam entertainment fut constitué de plusieurs groupes et artistes, parmi eux les cinq rappeurs du groupe Brave Guys (Stevenson Telfort, dit Atros, Jimmy Alcindor dit Big Jim‚ Jameson Telfort alias Pikan‚ Shiller Joseph dit Fatal et Knaggs Rosevelt couramment appelé Knaggs) ; un rappeur d’Osmoz (Jean Hubert Valcourt dit Dug G) ; le rappeur Jean Marquely alias Yakuza ; le rappeur Fresnel Nerette a.k.a. Toppy X ; un rappeur du groupe X-Plicit, Jimmy Larrieux a.k.a. Gray Nouvo Ne et le rappeur Joël Bercier alias Masta Preacha issu du groupe Masters”, raconte Atros.

“Le projet une fois lancé, Claudel Bossman, dit Killa Boss rejoint aussi le groupe et Toppy X présenta, un peu plus tard, le dénommé Lubin Enock dit Jah B, aux membres du groupe. J’ai été le principal membre du groupe à offrir mon soutien à ce dernier afin que le maestro Knaggs et les autres membres du groupe puissent lui offrir sa chance”, ajoute Atros.

Stael lui de son côté explique qu’il était bien présent au début du projet avec Jimmy Ruff, ils étaient les seuls artistes du label qui produisaient des œuvres de dance hall. Ses projets d’études lui ont contraint de quitter Haïti pour se rendre en République voisine. Il reviendra plus tard, sous la demande d’Atros, en 2017 afin de poursuivre ce qu’il avait commencé.

“En mars 2005, le groupe allait marquer le mouvement, ce fut à l’occasion de la première édition du premier Festival de Rap en Haïti, intitulé Rap’Rocher, Rockfam a offert une performance qui a marqué les fans du Rap”, explique Atros.

“Le groupe allait intégrer une jeune chanteuse, Ketia Jean (Kizzy) en mai 2005, après le départ de Yakuza. Elle avait prêté sa voix sur le tube produit en l’honneur des mères, morceau intitulé “Manman bon vwayaj”, poursuit le rappeur.

Rockfam, discographie

Atros explique que moins de 3 ans après sa naissance du groupe, ils ont produit un premier album : “Sa-w pa ka konprann”, publié le 3 novembre 2007. Kizzy laissa le groupe et se rendit aux États-Unis pour y résider quelque mois après la publication de l’album.

Un an plus tard, Rockfam publie son second album, intitulé : “Yon lòt vizyon” et le groupe se confirme aux yeux de tous, si l’on croit les dire de Stevenson. “De ce projet, nous avons voulu produire une autre version de l’album (une version live), le projet n’a pas abouti alors la compagnie Venus Music s’est contenté de publier un autre volume de ce même album avec de nouveaux tubes joués en live”, déplore le rappeur.

“Pa gen pase n”, le 3e disque de Rockfam sorti en 2009, soit un an après la publication du second album. Malheureusement, le drame du 12 janvier 2010 allait briser le cycle de production du groupe, un cycle qui devrait respecter le quota d’un opus chaque année, une promesse qu’ils avaient faite aux fans. 

L’industrie allait devoir attendre environ trois ans avant de voir naître le 4e projet, un album qui invitait les fans à sortir du silence et à renforcer les liens avec leur groupe, le titre même l’expliquait : “Afiche w”. Atros a témoigné qu’avec ce nouvel album, ils voulaient dire aux MaFIA, fans inconditionnels du groupe, d’afficher leurs mouchoirs (Notez que les mouchoirs noirs et rouges ont joué un important rôle dans l’histoire des rivalités entre le groupe Rockfam et le groupe Barikad), de se montrer plus que jamais aux côtés de leur groupe.

Après le départ de Dug G, le retrait de Kilah Boss et de Jah B, Rockfam a connu un long moment de silence. Certains des membres du groupe ont passé un peu de temps à l’étranger. Durant ce moment de répit, Atros explique qu’ils ont mûrement réfléchi sur la nécessité d’apporter quelque chose de nouveau, ainsi, il a lui même fait appel à un ancien soldat, Stael qui a rejoint les rangs de l’armée et avec beaucoup plus de maturité, ils ont décidé de produire un cinquième album : “Demaske”. Ce nouveau projet remet en question les moments difficiles qu’a connu le groupe, dont la plupart fut des campagnes de déstabilisation de certains membres de l’industrie ont volontairement mené contre Rockfam.

Un nouveau départ

De retour de son silence, en 2017, Rockfam allait redéfinir ses objectifs. Les membres du groupe, particulièrement, Atros, invite Stael à rejoindre les rangs et ils ont produit un cinquième disque, ce qu’aucun groupe de Rap n’avait effectué avant eux. Avec beaucoup plus de conscience et de maturité, ils ont voulu mener un nouveau combat, Atros explique combien ils ont pu cerner le sens de la réalité et à quel point la bataille était difficile. Ils ont beaucoup appris et ont finalement compris que la situation ne sera jamais différente car ils ont toujours été une cible et ils ne pourront qu’affirmer leur potentiel, mais rien ne sera différent quoiqu’ils aient beaucoup contribué à la notoriété du Rap en Haïti. Le niveau de corruption qui s’est installé dans l’industrie n’est que la résultante d’un cercle vicieux où chacun défend sa propre cause non pas celle d’une entreprise qui aurait pu faire une grande différence.

Leur conviction et leur désir de faire les choses différemment les ont poussé à persévérer et ils espèrent 18 ans plus tard publier un 6e album. Aujourd’hui, ils s’engagent à offrir aux adeptes du Rap quelque chose de bien particulier, c’est la raison pour laquelle, un des soldats de Rockfam veut faire la différence, Big Jim, il veut offrir une réponse aux différentes questions qui ont fait la une de la toile, son album en solo. La machine est déjà en marche témoignent Atros et Stael, ce 18 novembre, à l’occasion du 18e anniversaire du groupe, le rappeur a offert au grand public, Emoraji, le tube ainsi que le clip du test pressing de son album. Ils expliquent aussi que tout est fin prêt pour la publication du projet de “Lobèy la”, ce n’est qu’une question de patience et de temps.

REDACTION SAKCHO

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